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« Le drapeau n’est rien s’il n’est pas l’âme d’une nation. » Victor Hugo

Cette tribune a été écrite le 14 septembre pour être diffusée dans le magazine d’octobre 2025 de la ville et sur le site Bourg-la-Reine 2026 le 1er octobre 2025. L’actualité m’oblige à le publier ce 20 septembre 2025. Voir les 3 articles de presse en fin de page.

Le fronton de la mairie est occupé par le drapeau français, le drapeau de l’Union Européenne et le drapeau de l’Ukraine, bien que les drapeaux des pays étrangers ne sont tolérés qu’en cas de visite officielle.

Le drapeau de l’Ukraine a été toléré au fronton des mairies par la Macronie, et seulement pour l’Ukraine.

En effet, les villes de Nice et d’Antony ont été contraintes d’enlever le drapeau Israélien qu’elles avaient hissés, les villes de Besançon et de Gennevilliers ont été obligées de retirer le drapeau Palestinien qu’elles avaient elles aussi hissé.

Par ailleurs, un jugement du Tribunal de Versailles en décembre 2024, spécifiait pour la ville de Saint Germain en Laye que si le drapeau ukrainien était mis au fronton de la mairie, cela ne pouvait pas être de la seule décision du Maire, mais d’un vote du Conseil municipal. A Bourg la Reine, il s’agit uniquement de la décision du Maire.

On peut légitimement s’interroger sur le fait que seul le drapeau de l’Ukraine soit autorisé alors que Chypre, pays qui fait partie de l’Union Européenne, est occupé par la Turquie depuis 1974, mais là, aucune émotion.

On pourrait aussi parler du Sahara Occidental d’où les Espagnols sont partis en 1975 et qui aujourd’hui est occupé par le Maroc.

On pourrait aussi parler de l’Irlande qui, bien qu’ayant eu son indépendance depuis 1922, a toujours une partie au nord occupée par l’armée britannique.

Derrière toutes ces questions de solidarité envers un pays ou un autre, se pose l’appréciation de savoir si tel pays a commis une invasion, ou est-ce qu’il a agi en application du droit d’ingérence (notion inventée par les Occidentaux pour justifier leurs interventions dans le monde au nom du camp du bien).

Droit d’ingérence que les pays occidentaux se sont accordés bien souvent pour ne pas avoir à dire qu’ils envahissaient un pays ou un autre.

Prenons en exemple la Yougoslavie en 1999 où USA et Occidentaux ont bombardé la Serbie au nom du droit d’ingérence. Là, bien sûr, il n’y avait pas « d’invasion ».

On peut aussi parler du droit d’ingérence en Irak en 1990 première Guerre du Golfe et de nouveau en 2003 sous le prétexte d’armes de destruction massives détenues par les Irakiens (affirmation s’avérant mensongère par la suite). Y a-t-il eu des drapeaux irakiens au fronton des Mairies de France alors que le blocus occidental provoquait 1 millions de mort civils ? Bien sûr que non…

L’exemple typique, est l’Afghanistan en 1979, lorsque les Russes sont intervenus pour protéger les républicains face aux talibans. Pour les Occidentaux c’était belle et bien une invasion et ils ont soutenu les talibans. En 2001 en revanche, quand les USA et les Occidentaux interviennent en Afghanistan, cela relève bel et bien du droit d’ingérence. Il n’y a pas eu de drapeau de l’Afghanistan au fronton des mairies…

Autre exemple : en 2011 en Libye, y-a-t-il eu invasion ou droit d’ingérence suite à l’intervention militaire de la France ?

L’intervention de la Russie sur le territoire de l’Ukraine depuis 2022 est-elle une invasion – comme le disent les occidentaux – ou bien une opération sous couvert du droit d’ingérence pour protéger les populations du Donbass (n’oublions pas l’incendie par les Ukrainiens du Palais des syndicats d’Odessa le 2 mai 2014, qui a fait 48 morts et plus de 250 blessés parmi les russophiles) ?

Il nous faut avoir de la mémoire. C’est bien ce qui nous manque, toutes et tous autant que nous sommes.

Lors de l’intervention américaine en Corée de 1950 à 1953 et au Vietnam de 1955 à 1975 durant 20 ans….  Droit d’ingérence ou pas ?

Y avait-il des drapeaux vietnamiens au fronton des mairies ? Bien sûr que non.

Toutes ces décisions pour prendre parti pour un camp ou pour un autre méritent des débats démocratiques au cours desquels les citoyens pourraient intervenir. Mais ce n’est jamais le cas.

A Bourg-la-Reine, pourquoi les citoyennes et les citoyens n’auraient-ils pas le droit de décider du choix des drapeaux au fronton ? Aujourd’hui, c’est le Maire qui décide seul…

En décidant de façon autoritaire de mettre le drapeau Ukrainien au fronton de la mairie, le Maire a ouvert la boîte de Pandore. Il n’y a désormais aucune raison pour empêcher un Maire de pavoiser sa mairie avec des drapeaux témoignant de ses choix idéologiques.

Jean-Pierre LETTRON

Pour mémoire article publié sur ce site le 4 mars 2022